Ce livre paru en 1905, sous le titre original « Erkenntnis und
Irrtum », a été écrit par le physicien Allemand Ernst Mach.
Il traite principalement la psychologie de la recherche
scientifique, les processus suivant lesquelles se forment les
pensées et les jugements, ainsi que les circonstances
d’erreurs.
Il cherche, à travers des exemples des méthodes de recherche
des savants, les méthodes et les manières dont la science est
construite.
I. Science et philosophie
Pour Mach le but de la science est l’organisation économique de nos connaissances, et non pas le réel, puisque « la nature n’est là qu’une seule fois » et on ne peut pas trouver des cas identiques exactes ! Nos modèles théoriques de la science sont une généralisation qui ne peut pas prévoir la réalité exacte des choses vu que les conditions de chaque expérience ne sont pas les mêmes.
Le rôle de l’intelligence est de compléter par la pensée un fait partiellement observé ; et c’est ça ce qu’est commun à la pensée vulgaire et à l’esprit scientifique. La pensée vulgaire est pratique mais ne vise pas des buts scientifiques purs (pour elle-même).
La pensée scientifique cherche à prévoir ce qui complétera une observation partielle à la condition qu’il y a une liaison entre eux ; adapter les pensées aux faits et les pensées eux-mêmes, est se qui caractérise la science.
Chaque personne a comme point de départ des pensées reçues de la nature et de la civilisation qu’il doit modifier et corriger.
Je distingue mon corps par exemple, par la manière dans laquelle je le ressens : lorsque certains actions le sont faites je le ressens et ce n’est pas la même chose si un autre corps a reçu ses actions. La distinction entre le monde extérieur (physique) et le monde intérieur (psychique) se fait par observation, elle est alors empirique plutôt que métaphysique. Ce qu’est communs entre moi et les autres est le physique, par contre, ce qui n’est donné immédiatement qu’à un individu (idées, émotions, souvenirs, sensations…) et ce qui n’est connu que par analogie est le psychique.
La pensée scientifique se présente sous deux aspects : la pensée du philosophe qui cherche à assurer une vision globale du monde, voire il apporte des opinions (logiques) à la construction de la science ; et la pensée du savant spécialiste qui étudie un domaine restreint et se serve des résultats des autres spécialités et de la philosophie pour compléter la conception. Ce dernier est pratique et suit une progression des découverts issus des expériences, il dirige son attention vers les points qui le sont intéressants dans sa conception.
Le philosophe et le savant, pensent et travaillent de manières différentes. Le savant commence par les principes les plus fondés, non pas des axiomes ; et est près à les modifier à la suite des nouvelles expériences. Par une suite d’expériences et corrections, pas à pas, le savant construit sa connaissance ; et ajoute les résultats antérieurs (avec leurs erreurs) à les siennes avec ses propres erreurs. Le besoin pratique et l’organisation psychique invitent à réduire les problèmes étudiés au cas simples où les variations qui ont moins effet sont négligeables devant les autres ; ainsi la science cherche un chemin économique vers la connaissance. Or sans ses « imperfections » la science ne pourrait pas croitre !
Dans la science, on néglige aussi certaines des éléments dont l’influence est une cause de trouble, comme le psychique qui conduit à la confusion entre le phénomène (perception) et la chose (réalité); il fallait alors affranchir les éléments intérieurs (physiologiques et psychologiques) de la limite de recherche.
II. Etude psychophysiologique
Mes pensées qui appartiennent au psychique dépendent du physique : mon corps, autres corps et leurs propriétés… Le physique et le psychique contiennent des éléments communs. Exemple des souvenirs de sensations : des sensations peuvent rester dans la mémoire malgré l’absence de l’excitant extérieur. En effet, les traces des mémoires influencent le sort psychique des sensations qui se produisent à nouveau, on les nomme des représentations.
Notre corps a apprit par expérience [ou instinctivement] des réactions à des sensations ou à des représentations, nos souvenirs sont indéterminés ; il n’y a donc pas des sensations, volontés et pensées isolés.
Ce qui a provoqué qu’on se croit, nous les humains, différents des autres animaux simples dont l’organisme psychique est plus simple, est que le nôtre a plus de variétés, notre psychique est en fait moins simple. Même s’il n’est pas démontré que notre nature est automate, mais prendre comme hypothèse scientifique que l’ « âme » est libre sans loi est absurde !
Les êtres vivants sont des automates influencés par le passé qui se modifient continuellement au cours du temps et reproduisant. Par conséquent à ce point de vue, il n’est plus intéressant de s’occuper à l’opposition entre le physique et le psychique, mais de la dépendance mutuelle des éléments.
III. Mémoire, reproduction et association
La stabilité de l’environnement rend l’expérience possible par le fait que des associations (représentations conscientes) entre les éléments peuvent être remarquées et acquis par l’expérience répétitivement et en changeant les conditions à chaque fois. Alors ces représentations peuvent être augmentées ou modifiées par l’individu.
Une représentation est associée à autres, le plus qu’on utilise ces associations, le plus qu’on s’y familiarise.
La reproduction et l’association des idées est ce qui forme la base de la conscience ; cette dernière n’est pas une qualité séparée du physique, elle n’est pas une qualité particulière qui doit s’ajouter au physique pour qu’il soit conscient. Tout trouble temporaire ou durable de la coordination des fonctions cérébrales (fonctions du cerveau) est un trouble de conscience.
On dit la même chose de la mémoire qui tombe dans le domaine de la conscience, est un phénomène organique général : l’adaptation aux phénomènes périodiques ; comportant plusieurs parties : mémoire visuelle, lexique, mémoires des sensations, odeurs, sons… L’instinct et l’hérédité sont en fait des mémoires historiques des ancêtres, qui dépassent l’individu.
IV. Réflexion, instinct, volonté, Moi
L’âme (psychique) n’est pas simple (unitaire), mais elle est divisible comme les organes. –Goltz
Il y a une division de travail entre chaque partie du psychique. Les mouvements qui se produisent suite à une excitation sans l’intervention du cerveau sont appelés des réflexes ; on ne comprend les mouvements instinctifs que comme des chaînes de mouvements réflexes dont chaque élément est mis en jeu par le précédant. L’intervention de l’intellect peut modifier ses actions. Le mouvement volontaire est un mouvement réflexe influencé par le souvenir, en fait c’est un ensemble de mouvements réflexes instinctifs modifiés par des traces de souvenirs, et ce sont ces modifications qu’on appelle volonté.
Il n’existe pas de volonté au sens qu’on la connait, elle n’est qu’une fonction permettant de modifier le comportement et parfois les réflexes de l’organisme pour qu’il peut se conserver. Des souvenirs et des associations sont créés, ils influencent la manière d’écoulement des pensées.
Chez les humains civilisés, la société ou bien la civilisation a pu enrichir l’expérience de l’individu, par l’éducation, la transmission des expériences des antécédents… d’une sorte qu’il profite le plus de son intellect pour se conserver et survivre. Ces capacités intellectuelles ont dépassé la satisfaction des besoins et sont devenues des buts en soi-même : la curiosité nous montre cette surabondance de la vie psychique.
Les sensations organiques font une grande partie dans la détermination du Moi, on ne limite pas la conscience ni formation d’un Moi dans le cerveau. Les parties du corps humain sont très liées ; si on change le corps, ou qu’il a vécu des changements, les souvenirs et les sensations changent, alors la personnalité et même la conscience de soi peut changer. On ne se ressent plus de même façon.
V. Le développement de l’individu dans la nature et la société
La biologie et l’histoire de la civilisation nous ont met là !
Au point de vue psychique, la différence qu’a l’Humain par rapport aux autres animaux est quantitative et non pas forcément qualitative. L’humain ayant une vie psychique plus intensive et riche, la curiosité, des modifications plus rapides de la vie psychique et la communication orale et écrite qui a rendu la transmission des expériences entre individus possible, même à travers les siècles.
L’association des êtres humaines et la division du travail a permet de partager leurs connaissances et capacités, a offert la possibilité d’inventions et ingénieuses idées qui vont améliorer les conditions de vies des humains, ainsi les bonnes conditions au développement de l’intellect et ses buts autres que la nécessité biologique. Les progrès de la civilisation ne peuvent être accomplis que par des humaines sans soucis grâce à la facilité matérielle de la vie, un peu de liberté et de loisir. L’intelligence et l’observation en elle-même devient un intérêt nécessaire, étendant le besoin technique à un besoin intellectuel ; ce sont les bonnes conditions pour que la science et la recherche scientifique et philosophique, et l’Art peuvent se constituer. Par la coopération de beaucoup d’individualités différentes s’enrichit l’expérience humaine.
VI. L’exubérance des idées
La richesse, la surabondance et la prospérité de la vie intellectuelle en dominant la vie organique fait que l’âme (le psychique) soit parasite du corps. Or l’inconvénient que pourrait avoir l’humain qui a vécu une expérience par hasard, est l’erreur de généralisation d’une idée, de croire une idée quelque soit son origine ou un rêve comme étant vrai et l’appliquer.
La rareté des mots chez les primitifs et les enfants, les laissent utiliser des mêmes mots pour plusieurs objets ou faits, c’est d’où vient la poésie, où un mot suppose plusieurs sens et manque la précision qu’on trouve dans les sciences.
Les humains primitifs associaient le mot avec l’objet lui-même, d’où viennent les Tabous (à ne pas prononcer les noms des démons, des morts, …) et les vœux (prières, mots sacrées…). Avant, nos ancêtres naïfs avons une manière d’analyser les phénomènes qui est mystique et met en jeu des êtres surnaturels ; ce qui semble à l’esprit d’un enfant qui vient de découvrir le monde. Ce n’est que peu à peu que le progrès de la civilisation et sa culture intellectuelle ont sauté ces illusions. Ces erreurs viennent de la limite psychologique.
Les idées religieuses primitives n’avaient pas de sens moral, ni récompense ou punition après la mort, vu que leur mode de vie était différent : des tribus dans les bois qui font appel aux morts, dieux et démons pour les aider. L’esprit moral n’a commencé qu’avec les grandes sociétés et états.
A l’antiquité grecque, la philosophie et la science étaient une seule unité, tout philosophe était en même temps savant ; il faillit l’humain une grande imagination pour contenir le monde et l’analyser…
VII. Vérité et erreur
Les représentations (souvenirs des sensations) et les volontés (modification des mouvements réflexes par les souvenirs) sont les mêmes, des réactions aux éléments du monde extérieur, une est simple, l’autre a plusieurs étapes et parties. Elles sont importantes pour la survie de l’individu, et comme toute forme d’adaptation, elles peuvent être nécessaires ou bien nuisibles, selon les circonstances.
Par observation, on donne un jugement sur l’état des choses observés, puis on l’exprime en langue d’où on déduit la logique de la pensée. La simple observation sensible peut conduire à la vérité comme à l’erreur ; seul le succès peut les séparer un de l’autre. A titre correctif, une erreur reconnue est aussi précieuse à la science qu’une vérité. L’erreur s’introduit lorsqu’on ne tienne pas compte aux circonstances différentes du physique ou du psychique : la généralisation.
La distinction entre les sensations et les représentations est évidement essentiels dans la recherche scientifique, beaucoup d’exemples nous montrent à quel point des erreurs sont vraisemblables. Il ne faut pas, de plus, considérer une seule expérience ou observation confirmant l’exactitude d’une idée. Nous devons plutôt varier autant que possible les circonstances des expériences. Il faut se rappeler que les mêmes fonctions psychiques qui conduisent à la vérité, conduisent à l’erreur aussi ; seule la vérification soigneuse de TOUT sens peut nous garantir de l’erreur.
VIII. Le concept
La pensée ne s’intéresse pas aux objets eux-mêmes, mais à leurs relations avec autres objets et leurs représentations intellectuelles. Une représentation s’enrichit par des associations et se développe lentement et progressivement pour qu’elle devienne un concept, par l’abstraction : la définition des objets par leurs relations avec autres objets.
Chaque profession a ses concepts qui la sont propres, d’où différentes définitions peuvent être posées pour la même chose. Le concept est la connaissance des relations à attendre d’une classe d’objets ou faits, c’est la connaissance qu’on a sur certains mots. On a pu alors connaitre les particularités, les constantes… de chaque classe d’objets. L’importance du concept dans la recherche scientifique est la possibilité de simplification du concept des objets séparés d’autres éléments qui ne sont pas essentiels dans la compréhension de cette classe d’objets ; voilà le principe économique de la recherche scientifique.
Par l’abstraction qui commence par l’observation, on suppose des hypothèses sur le concept d’une classe d’objets, qui sont hasardeux, et attendent la confirmation de l’expérience pour leur succès, ou la défaillance pour les corriger.
Ce sont des erreurs de penser que les concepts couvrent tous les objets et faits et qu’ils sont objectifs, ou de confondre les objets et leurs concepts, ou de négliger les relations entre les objets.
IX. Sensation, intuition, imagination
Le rôle des concepts est d’organiser les sensations et les représentations, ou bien que les concepts ne sont qu’un ensemble des représentations organisées ; l’abondance de ces concepts est ce qui fait que le souci de l’avenir de l’homme civilisé dépasse celui du sauvage.
Les sensations sont les premiers moteurs des concepts, or qu’il se peut que ces derniers n’auront des relations à ces sensations qu’à travers des intermédiaires abstraits. Comme les organes de sens de l’humain sont limités, au terme de capacité et de type des signales qu’ils peuvent recevoir, l’humain relit la vérité de quelques faits qu’il ne peut pas sentier (expérimenter) directement aux autres paramètres définissants les relations entre les faits.
L’intuition, étant une forme des acquisitions de l’espèce éprouvées par la sélection historiquement, est une capacité qui nous donne une connaissance directe et immédiate de ce qu’on observe ; bien qu’elle soit primitive, sa rapidité est efficace, elle n’est remplacée par la pensée abstraite, une forme d’acquisition d’individu, que dans les cas où il est nécessaire d’être attentif et exacte, comme dans le cas de la recherche scientifique. Un exemple est les graphes qu’on déduit des pensées abstraites et dont on remarque intuitivement les formes qu’on a. Un autre exemple est le souvenir.
Il y a un lien fort entre le souvenir et l’imagination, ils ne sont guère isolés : L’imagination créatrice combine des souvenirs et des associations entre eux et reproduit une nouvelle représentation/idée.
Comme ce qu’a dit Mach avant : la conscience consiste en deux axes : les associations (représentations, concepts, souvenirs…) et leur reproduction par imagination.
L’enfant et le sauvage ont une imagination naïve qui relie des souvenirs des faits différents pour conclure une relation, ainsi une représentation ; de même l’artiste imagine des relations, or le savant imagine autrement : il prend en considération toutes les conditions et les connaissances précédentes. L’art est principalement sensible et s’adresse au sens alors que la science est l’objective et s’adresse à intellect. Mais peut-on nier la possibilité des hallucinations ?
X. Adaptation des pensées aux faits et des pensées entre elles
C’est une nécessité biologique que les pensées (observations) s’adaptent aux faits pour qu’il n’y ait pas de contradictions et qu’elles jouent leur rôle, il le suffit des nouvelles combinaisons de souvenirs intuitifs amenés par l’imagination : c’est ce qu’on appelle le principe de la permanence ; de l’autre côté, le principe de la différenciation des représentations consiste à l’adaptation des pensées entre elle (théories compatibles) ; Ces deux principes s’influencent réciproquement.
Les conflits entre les idées provoquent l’anxiété, un malaise intellectuel, même s’il n y a aucun intérêt pratique, s’il s’agit d’un besoin médiat ou si la pensée nécessite la langue pour être transmit les curieux (les Eléates) en trouvent un plaisir et ne cessent qu’en solvant le conflit. C’est par les paradoxes qu’on cherche à adapter les idées entre elle, évoquant alors des nouvelles découvertes.
Une vie intellectuelle s’exerce, se développe et se fortifie par les jeux mentales, pour les cas sérieux.
XI. L’expérimentation mentale
Dans tout aspect de la vie, elle arrive à l’Homme une nécessité de faire des expérimentations mentales, qui nous est innée et intuitive, pour réduire (le principe économique de la science) les coûts (matière, énergie et temps) de l’expérimentation réelle ou à cause de l’indisponibilité des conditions de l’expérience réelle ; alors il fait une conception, une imagination des différentes situations ayant différentes conditions. C’est après que l’homme a vécu plusieurs expériences qu’il peut commencer à les imaginer, et prédire intuitivement parfois les résultats ; voire déterminer le déroulement de l’expérience physique, la suite naturelle.
De la même manière que se créent et se modifient les mouvements volontaires, les pensées se modifient par des circonstances convenables, sans réfléchissement, souvent par des paradoxes qui apportent des conflits mentales, dont on a parlé précédemment, ainsi, l’intellect cherche à résoudre le problème. L’expérimentation physique a but d’adapter les pensées aux faits, alors que l’expérimentation mentale ou bien les processus de penser font l’adaptation des pensées une aux autres. La démarche que suit la recherche scientifique moderne est combinaison entre les deux : l’expérience éveille une pensée qui sera par la suite testée par une autre expérience, modifiée, à donner une nouvelle pensée qui sera testée et ainsi de suite ; ce parcours peut prendre des générations.
XII. L’expérimentation physique et ses guides
L’expérimentation physique est la recherche autonome des nouvelles réactions et relations par une observation méthodique. La méthode fondamentale est celle des variations des éléments, afin de trouver s’il y a une dépendance ou une indépendance entre eux.
Les expérimentalistes tendent à :
Remplacer autant que possible les relations qualitatives (comme la couleur) par des relations quantitatives (longueur d’onde par exemple) ;
Simplifier le dispositif pratique afin d’éviter leurs effets étrangers ;
Avoir l’attention stimulé vers un but déterminé ;
Appliquer le principe de Sommation des effets
La Substitution aux éléments d’autres équivalents mais qui sont connus ;
XIII. La Similitude et l’Analogie motifs directeurs de la Recherche Scientifique
On peut dire que l’analogie est cas particulier de la similitude : une similitude abstraite entre les relations de certaines classes de phénomènes. Ces similitudes sont intéressantes en ce qu’elles réduisent l’effort de la recherche.
XIV. L’hypothèse
Les hypothèses sont une tentative à compléter les faits par pensée, nous faisons alors une expérience mentale qui a besoin d’être vérifiée par une expérience physique. L’hypothèse alors est « une explication provisoire, dont le but est de faire comprendre facilement les faits, mais qui échappe à la preuve des faits ». Son rôle essentiel est de nous pousser à faire de nouvelles observations et recherches sur ce conjecture qui le confirme, contredit ou modifie : étendre notre expérience.
XV. Le problème
Les problèmes apparaissent lorsqu’il existe un désaccord entre les pensées et les faits et entre les pensées eux-mêmes.
Il y a principalement trois méthodes de démonstration scientifique :
F Analytique (régressive/ découverte par Platon) qui commence par supposer que le problème est résolu et poser des hypothèses comme conditions intuitives ; on modifie les hypothèses jusqu’à ce que ce chemin conduise exactement au fait donné ; et on suit la démarche inverse du fait aux conditions. C’est par cette voie analytique que beaucoup des découvertes et théorèmes ont été démontrés ; Mach en a donné plusieurs exemples, le plus clair est la géométrie : lorsqu’on commence par un fait remarqué (qu’on cherche à démontrer) et on suit une chaine logique jusqu’à où on arrive à un résultat admit.
F Synthétique (progressive) qui commence par des propositions démontrées vraies et en conclut les résultats cherchés.
F Apologique (indirecte/ réduction à l’absurde).
XVI. La relation de cause à effet et la notion de fonction
La notion de la dépendance des éléments entre eux est innée : La répétition des faits qu’on remarque nous pousse à penser à la notion d’une substance, constante dans le temps, et à une relation permanente : la causalité. On nomme la cause un événement auquel il est lié un autre événement : l’effet. Un changement inattendu aux éléments étant constants pose une perturbation et une inquiétude qui nous mènera à chercher la cause. Or cette relation est incomplète imprécis, elle n’est pas toujours convenable à la recherche scientifique qui remplace cette notion par la notion de fonction, qui définit l’ensemble des relations entre des éléments ; si ces éléments dépendent l’un de l’autre alors chacun d’eux est une fonction des autres ; les concepts de cause et effet sont alors interchangeables et même superflues.
XVII. Exemples de recherches dans les sciences
Pour que les savants communiquent leurs idées, il les faut : une description économique et précise des faits.
« La Science n’est pas une affaire personnelle mais sociale. »
« Plus le nombre de chercheurs est grand, plus il y a de chances pour que toutes les possibilités psychiques soient épuisées et plus le progrès scientifique est rapide. »
XVIII. Psychologie de l’induction et de la déduction
La déduction (syllogisme : partant d’un cas général au cas particulier : ) ne donne pas une nouvelle connaissance ; pour qu’une propriété soit juste pour un ensemble d’éléments, elle doit être juste pour tout élément ; ce qu’on conclura alors est déjà une donnée.
De l’autre côté, l’induction complète (En commençant par ce qui est particulier pour en déduire un résultat général/ ) est comme la déduction ne donne pas une nouvelle connaissance ; or l’induction incomplète ( ), qui n’est pas logiquement justifiée, peut être utilisée provisoirement dans les recherches, mais qui doit être vérifiée. Bernouilli a pensé à une méthode qui porte son nom, pour compléter l’induction incomplète ; le raisonnement est le suivant : on ne peut dire que les éléments de B ont une propriété A que si B a cette propriété indépendamment de ses termes. Formule de Bernouilli, où F est induite de f : F(n) + f(n+1) = F(n+1).
La déduction et l’induction alors, ne sont pas sources do nouvelles connaissances or elles sont outils à vérifier l’accord logique des relations que nous créons ; la logique ne s’occupe que des concordances et les contradictions. Il est clair que la source de connaissance du savant se trouve ailleurs, et en se basant sur l’intuition sensible (représentations intuitives) et l’intuition potentiel (concepts).
XIX. Nombre et mesure
L’étude quantitative n’est qu’un cas particulier plus simple de l’étude qualitative ; la description par les nombres est plus facile, pratique et exacte, ce qui justifie le développement avancé de la physique comparé à la physiologie qui traite souvent des qualités.
L’arithmétique a commencé pour répondre aux besoins pratiques des humains, que ne peut pas l’intuition compte, alors la tâche est transmise à l’intuition potentiel qui a crée le concept de nombre et ses relations par la suite. Plus les connaissances et les activités des humains se développent, plus le besoin d’autres méthodes de calcul augmente. Ce qui fait que le calcul ou bien les mathématiques sont des machines.
XX. L’espace physiologique et l’espace géométrique
Par titre de comparaison :
Espace physiologique visuel intuitive : anisotrope, non-homogène, non-métrique (les situations des points et leurs distances différent qualitativement et non quantitativement), limité
Espace physiologique tactile: anisotrope, non-homogène
Espace géométrique euclidien : infini, normé, métrique,…
Chacun des espaces physiologiques correspondants à nos sens nous donne information sur le domaine physique commun, qui se relie par association pour l’importance pratique. L’adaptation biologique la plus parfaite d’une multiplicité d’organes élémentaires se traduit en la perception de l’espace, l’espace physiologique qui est un système d’impressions organiques/sensorielles : La conception de l’espace est préparée à l’avance par l’organisation congénitale.
XXI. Le temps physiologique et le temps physique
La sensation de temps et la représentation de l’espace se développent par l’adaptation au milieu temporel et spatial. L’homme dont les intérêts sont plus étendus, les possède de haut degré de développement de ces systèmes d’orientation.
Sans l’impression physiologique de temps, déterminée par notre constitution héréditaire et développée par expérience, nous manquerons la chronométrie, comme sans l’impression de l’espace nous n’aurons pas la géométrie. L’observation des mouvements périodiques comme celui des pendules nous a permet de compter le temps physique : chronométrie.
Or il y a une distinction entre le temps physiologique et le temps physique métrique ; d’abord ils sont les deux continus et s’écoulent dans un seul sens, mais ils ne sont pas égaux, un peu être plus longue ou court que l’autre.
XXII. Le temps et l’espace en physique
Du point de vue physique, le temps et l’espace sont des relations particulières des éléments physiques entre eux. L’irréversibilité de certains phénomènes physiques montre que ce système physique évolue vers un état déterminé dépendamment du temps qui a un sens unique.
Comme mentionné avant, certains mouvements périodiques peuvent être l’horloge, mais à condition qu’il n’y ait pas de perturbations. Les relations physiques immédiates s’expriment par des rapports de temps alors que les relations indirectes s’expriment par des rapports d’espace.
La conception d’espace comme confondu avec le corps ne laisse pas de possibilité d’imaginer le vide ; lier ce concept avec les mouvements fait que l’espace peut être vide ou rempli par des corps, comme le mouvement d’un corps sur une surface transparente ; la recherche d’un concept complet a conduit Newton aux concepts de l’espace absolu et du temps absolu, ainsi l’espace et le temps sont indépendants, quelque chose d’hyper-physique d’après lesquelles le monde se dirige et par lesquelles il est régi en parfaite harmonie, cependant le but de ce mouvement nous reste inconnu. Ce concept doit être modifié pensait Faraday, parce que l‘espace et le temps ne peuvent pas être isolés, et s’ils dépendent l’un de l’autre, ils doivent être liés au moins par des intermédiaires. En fait, le vide, comme l’air qui a été considéré espace vide, a des propriétés : des forces/ondes électromagnétique peuvent y être.
XXIII. Sens et valeur des lois scientifiques
Les lois de la nature sont des concepts issus de l’abstraction après des observations des phénomènes, elles sont des descriptions plutôt que des ‘devoirs’ ; produit de nos besoins psychologiques à trouver notre chemin dans la nature et ne pas rester embarrassés et étrangers devant les phénomènes ; mais on n’est pas sûr qu’on ne se trompe pas. On les considère comme une restriction d’attente, comme un guide à ce qui se passe dans la nature, pour qu’on puisse poursuivre la vie pratique. Le progrès de la science amène une restriction croissante dans l’attente : vers l’adaptation des pensées aux faits. A mesure que nos connaissances s’accumulent, on ressent le besoin des règles et des lois continues, uniformes, économiques, le besoin de diminuer l’effort psychique. « Dans les sciences, ce n’est pas dans la réalité sensible, c’est seulement dans la théorie qu’il faut chercher l’exactitude absolue. »
Enfin, rien n’est isolé. Le physique et le psychique sont liés, s’influencent réciproquement et ont définit le parcours de la connaissance de l’humanité ; de la mythologie et la démonologie des primitifs, à la recherche de l’harmonie et de la beauté dans la nature des anciens savants, à la quantitative et économique des sciences modernes, ainsi à ce que nos successeurs vont trouver.

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